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La décrue
Le niveau des eaux baisse et le bruit court que la décrue
est amorcée. Pouvez-vous rentrer chez vous ?
Soyez d'abord sûr que la décrue est effective.
Ne vous fiez pas aux seules constatations sur place : une seconde
crue peut déjà se produire en amont.
Quand la décrue est réellement amorcée,
sur indication des services de secours ou de la mairie, vous
pouvez rentrer chez vous.
L'évaluation des dommages
Avant que l'inondation ne soit plus qu'un mauvais souvenir,
il faut penser à en garder une trace matérielle.
Ecrivez un inventaire complet et détaillé des
dommages visibles.
Sur quoi portera cet inventaire ?
- La construction : murs, fondations, cloisons, planchers, enduits,
conduits, ouvertures et huisseries, volets, regards et fosse
septique, aménagements intérieurs et décoration.
- Le mobilier et l'équipement : meubles, télévision,
revêtements muraux, moquettes...
- Les autres biens : véhicules, lingerie, livres...
Essayez d'évaluer les dommages, leur nature, et d'estimer
la valeur des biens endommagés. Si vous le pouvez, prenez
des photos et joignez-les à l'inventaire.
Conservez précieusement le tout.
La remise en état : premiers gestes.
1) Aérez les pièces en ouvrant
portes et fenêtres, soupiraux, bouches d'aération...
Les courants d'air facilitent le séchage et éliminent
les mauvaises odeurs.
2) Débarrassez les pièces de tout ce qui s'y trouve
: meubles, appareils ménagers, etc...
3) Sortez ce qui est gorgé d'eau, que ce soit la moquette,
les rideaux, les papiers, etc...
4) Nettoyez sols et murs à grande eau pour éliminer
les déchets, les boues et les limons apportés
par la crue.
5) Nettoyez soigneusement tout ce qui a été en
contact avec l'eau.
6) Désinfectez les locaux, le mobilier et tous les objets
qui ont été touchés, avec, par exemple,
de l'eau de javel ou du chlorure de chaux.
Il faut mettre du chauffage, le plus vite
possible.
Vous avez besoin d'aide ?
Demandez de l'aide à la mairie, par exemple pour la vidange
d'une cave par les sapeurs pompiers. Si une entreprise doit
vous venir en aide, elle vous établira un certificat
pour que votre compagnie d'assurance vous rembourse la prise
en charge des travaux.
La remise en état de marche des équipements.
1) L'électricité.
Le réseau qui vous dessert fonctionne-t-il ?
lnformez-vous.
- Tout le réseau doit être parfaitement sec (prises,
interrupteurs, câbles, boîtes de dérivation
et de raccordement....). Vérifiez tous les circuits que
l'eau a pu toucher. Au moindre doute, faites appel à
un électricien.
- Enclenchez votre disjoncteur.
- Parcourez toutes les pièces, en surveillant les prises,
les interrupteurs, etc...
- Le disjoncteur se déclenche ? Une anomalie ?
Appelez un électricien.
Chaque appareil branché doit être
parfaitement propre et sec, aussi bien à l'extérieur
qu'à l'intérieur. Si vous n'êtes pas sûr
d'un appareil, confiez-le à un réparateur.
2) Le chauffage.
- Electrique : voyez ci-dessus.
- Fuel : l'eau a pu s'infiltrer dans la citerne. Purgez-la en
ouvrant le robinet inférieur. Toute trace d'eau (écoulement
clair) doit disparaitre. Débouchez l'évent. Ouvrez
l'alimentation.
- Gaz : vérifiez que les joints et les tuyaux n'ont pas
été endommagés.
- Chaudière : nettoyez les pièces essentielles
comme le brûleur et le thermostat. Au besoin, appelez
un spécialiste.
- Circuit : contrôlez l'ensemble des conduites, les radiateurs,
les soupapes, les clapets et les joints.
Verifiez qu'il n'y a pas de fuite.
- Remise en marche : faites monter l'installation jusqu'à
la température maximum. Pendant ce temps, surveillez-la.
Vérifiez le bon fonctionnement du thermostat et l'étanchéité
des joints.
Consommation de l'eau
Ne consommez pas l'eau
du robinet avant d'être sûr qu'elle est potable.
A la première ouverture, laissez couler quelques minutes,
surtout si l'eau est trouble. Buvez en priorité de l'eau
minérale en bouteille.
Assurez-vous également que l'eau des puits est à
nouveau potable avant d'en consommer. Les services d'hygiène
de la commune ou du département peuvent vous l'indiquer.
Indemnisation
Vous êtes sinistré ? Deux cas peuvent se présenter.
Premier cas : vos biens endommagés ou perdus
n'étaient pas couverts par une assurance-dommage. Vous
ne pouvez alors prétendre qu'à une indemnité
prélevée sur un fonds d'aide aux sinistrés,
cela sous certaines conditions. Adressez-vous à la mairie.
Vous verrez comment constituer un dossier de demande.
Les biens
relèvant du régime des calamités agricoles.
Second cas : vos biens endommagés ou perdus étaient
couverts par une assurance dommage (type Incendie et risques
divers). Votre assureur vous indemnisera au titre du régime
des catastrophes naturelles. Mais il faut qu'un arrêté
interministériel constatant l'état de catastrophe
naturelle dans votre commune paraisse au Journal Officiel. Vous
en serez informé par la presse et l'affichage municipal.
1) S'il y a constatation de catastrophe naturelle sur
votre commune.
Vous devez envoyer une déclaration de dommages à
votre assureur le plus tôt possible et au plus tard dans
les 10 jours qui suivent la parution de l'arrêté.
Si Vous êtes entrepreneur,
commerçant, agriculteur, etc... ? Vous disposez d'un
délai de 30 jours pour déclarer vos pertes d'exploitation.
Ensuite, transmettez à votre assureur un état
estimatif des dommages, basé sur l'inventaire que vous
avez fait.
Conservez tout ce qui peut justifier les dommages que vous
avez subis : photographies, mobilier détruit, factures
des opérations de pompage ou de nettoyage, etc...
De quoi serez-vous indemnisé ?
Le régime "catastrophes naturelles" garantit
les dommages matériels directs causés aux biens
assurés : bâtiments à usage d'habitation
ou professionnel, mobilier, véhicules à moteur,
matériel, bétail en étable et récoltes
engrangées.
A noter : les biens exclus des assurances ou non assurés
en "dommages" ne sont pas couverts. Les dommages indirectement
liés à l'inondation (appareils électriques,
contenu du congélateur, frais annexes de déplacement,
pertes de loyers, etc...) ne sont pas indemnisés.
Pour quel montant ?
La valeur est fixée dans le contrat d'assurance : valeur
à neuf ou valeur de reconstruction, vétusté
déduite ou valeur vénale.
Votre assureur prendra également en charge
:
- Les frais de reconstitution d'archives, documents professionnels...
- Les frais de déblais et de démolition
- Les frais de pompage, de nettoyage et de désinfection.
Et la franchise ?
Au 1er janvier 1988 :
- Environ 230 € pour les habitations, les véhicules
à moteur et les autres biens à usage privé.
- 10 % du montant des dommages, avec un minimum de 700 €
pour les biens à usage professionnel.
- Montant égal à 3 jours de pertes d'exploitation
pour les entreprises.
Le montant de cette franchise peut évoluer d'une année
à l'autre, par voie réglementaire.
Après la publication de l'arrêté, un expert
viendra constater et évaluer les dégâts.
Voilà pourquoi il est utile de faire un inventaire ou
d'établir un état estimatif aussi fidèle
et argumenté que possible pour accélérer
la procédure.
Quand serez-vous indemnisé ?
L'assureur doit vous verser le montant de l'indemnisation dans
un délai de trois mois après que vous lui avez
envoyé l'état estimatif des biens endommagés
ou des pertes subies. Si le délai n'est pas respecté,
vous pouvez prétendre à des intérêts,
sauf en cas de force majeure.
2) S'il n'y a pas constatation de catastrophe naturelle
sur votre commune.
Il existe des indemnités du fonds d'aide aux sinistrés.
Vous pouvez peut-être y prétendre. Reportez-vous
au premier cas, ci-dessus.
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